L'essence est ailleurs.



*
(au cas où ça vous dirait)
# Posté le lundi 21 janvier 2008 02:26

(tu le sais bien, ce que je pense, et tu le sais bien, ce que je veux dire) Alors laissons au silence ses droits.

(tu le sais bien, ce que je pense, et tu le sais bien, ce que je veux dire) Alors laissons au silence ses droits.








Et pour finir, bien plus que tout.
Mon tout à moi.

(Je t'aime.)
















(et bien plus que tu ne pourras
jamais l'imaginer.
)
# Posté le mercredi 19 décembre 2007 17:05

She's good for business.

She's good for business.
-------->> La photo d'Anouk en
--------souvenir de cette après
--------midi mémorable à la table
--------ronde à quatre autour de
--------quelques post-it et puis
--------des boissons chaudes.




















Le temps de s'éloigner.

-- Il court un peu essouflé, s'arrête à un coin de rue, fouille minutieusement du regard la foule des passants qui émergent de l'Underground. Elle ne l'aurait pas pris, tout de même, avec toute cette foule...et puis, elle ne connaît pas Londres... What time is it, please ? Un vieux monsieur, chapeau melon et canne, presque tout droit sorti des vieux romans agatha christien l'interroge, sa petite moustache grise soigneusement taillée. Pris de court, il cherche désespérement son iPod dans ses poches, continuant de guetter la moindre trace de son apparition. Le vieux monsieur s'impatiente, trépigne un peu, époussette son épaule gauche, remet droit son chapeau gris. Two past ten. Soudain, là. Une petite tâche bleue, dans la foule. Vite, vite. Sorry, sorry. Hey guy, you're fucking late ! Plus vite. La foule dense de Picadilly se resserre sur lui, toujours plus. La tâche bleue, qui se révèle être un manteau porté par une jeune fille juchée sur des escarpins beiges, oscille entre un groupe de punks et deux mégères avec leur sacs en plastique. Laura ! La jeune fille semble comme happée par la foule. Il distingue son visage apeuré, seule dans la foule d'un pays inconnu. Laura, attends-moi ! Son coeur bat fort, il le sent tambouriner à un rythme fou dans sa poitrine, au fur et à mesure qu'il se rapproche d'elle. Il voit ses yeux chercher les siens parmi les anonymes, il la voit trembler, indécise, sensible, un peu comme mise à nu. Il la voit, elle le cherche. Il joue des coudes, atteint son dos, lui met les mains sur les yeux, elle sursaute. Ce n'est pas une heure, pour se promener dans Londres, mademoiselle... Il lui sourie, elle le trouve beau, il caresse ses cheveux, elle sourie à son tour.


-- C'était comme si on m'avait lâché dans une arène : les gens, sembables à des lions rugissants, semblaient m'agresser de toutes parts ; je ne pense pas qu'un Anglais puisse ressentir cela, c'est typiquement français, ou plutôt typique de la jeune fille en dehors de son pays et de sa langue natal. Mes pieds me font mal, mes chevilles tremblent sur leur dix centimètres de hauteur, et mon manteau bleu attire sans cesse les regards des passants : tantôt un oeil désapprobateur, tantôt admiratif. Je traverse une ruelle moins dense. Un groupe de jeunes me siffle, braillant quelques préciosités au passage, dont je saisis la moitié des mots. You're such a slut, honey. Je continue, plus vite, pour déboucher dans une immense artère. Piccadilly Circus s'étend devant moi, imposante, et je reste immobile, inerte, devant la marée humaine ; d'ailleurs deux petites vieilles à l'air rabourgri façon vieille peau et sac plastique me dépassent brusquement, me faisant vaciller sur mes échasses (qui a dit que les vieilles étaient inoffensives, hein ?). Décidée mais un peu suicidaire, je m'engage dans le flot d'un petit mouvement rapide et fluide, espérant trouver au bout une place où je pourrais m'asseoir et scruter tout ce monde, pour tenter de le voir. Puis soudain, un cri. Qui déchire le brouhaha sonore de l'avenue, devenu superflu à mes oreilles. Une voix inconnue, qui crie mon nom. Dans un ton parfaitement français. J'essaie de faire volte-face, me résigne. J'essaie de trouver un recoin, une alcôve où me réfugier pour échapper à la foule et répondre à mon inconnu. J'espère secrètement le reconnaître. Je marche. J'accélère. Soudain, là, sur mon épaule, à travers le manteau épais, je sens une main chaude, un contact, une pression douce mais ferme, une présence, un appel. Je n'ai pas le temps de réagir que les mains, hâtives, se sont posées sur mes yeux. Je sens à présent leur chaleur mieux que jamais. Immobile. En plein milieu de la plus grande avenue de Londres. Autour des gens mécontents marmonnent. Peu importe, je n'entends (plus) rien. Le temps s'est arrêté. La voix, et je suis persuadée désormais que c'est la sienne, s'élève, sensuelle, posée, avec ses petites intonations bien anglaises et me murmure que l'heure n'est pas au gambadage solitaire. Je n'y tiens plus. Cela faisait trop de temps. Trop de temps que ce moment avait été rêvé, rererêvé, idôlatré, pensé, repensé, rerepensé, joué, rejoué, modifié, attendu, cherché. Trop de temps que j'attendais ses mains, son corps, lui. Trop de temps que trop de choses nous séparait trop inutilement. Et là, maintenant, je me retourne, les nanos-secondes défilent dans un souffle et pourtant c'est comme si je sentais le vent de leur vitesse me rougir les joues, et je le vois. Je le vois, oui, je l'observe, je m'en gargarise, de ses traits, de ses yeux, brillants, de sa présence, de lui. J'oublie tout, tout et rien, rien et tout, le temps de lui. Le temps de sa présence. Il déplace une mèche de mes cheveux. L'air est frais.

C'est rien, et puis c'est tout.

# Posté le mardi 04 décembre 2007 13:05
Modifié le lundi 10 décembre 2007 16:55

Dirty dancefloors & dreams of naughtiness.

Dirty dancefloors & dreams of naughtiness.
D'abord.
(Parce que oui, un jour ou l'autre, on se déchaînera dessus comme des oufs.)
Puis.
(Aah, que c'est bon.)
Enfin.
(A écouter d'urgence, si on ne connait pas.)



« I wish I was in... »

Connaissez-vous cette impression, celle du regret, de l'injustice, celle de la distance et des douloureuses situations que l'on imagine, souvent, presque comme un rêve éveillé ? Le fait même d'y penser et d'utiliser du conditionnel pour conjuguer vos histoires et vos paroles vous enserrent le coeur. Et pourtant, rien n'y peut, et rien n'y pourra, si ce n'est que, après tout le bonheur n'est jamais loin. Mais qui donc pourrait croire à ça ? Pas la jeune fille juste à vos côtés, qui derrière son sourire éclatant et ses réponses acerbes n'en cache pas moins ses blessures d'âmes les plus secrètes, les mais oui je t'aime, les rêves d'indépendance, les questionnements tard dans la nuit -lui dire ou le perdre ?- qui n'en finissent jamais, les hésitations et les pleurs, les entailles encore à vif, suitant l'Amour Psychédélique ou le Bonheur Fou, qui s'échappent, lentement (mais sûrement) de chaque recoin de son organe palpitant, ou encore les disputes, les cris, les mots que l'on se crache à la figure mais que l'on ne pense jamais vraiment, les réconcialitions vaines, puis à nouveau les plaies, la douleur, le vide, le remord, et le coeur qui se vide toujours plus. A-t-elle, sous ses fines lèvres, cet air blasé qui ne la quitte plus ? Cet oeil terne qu'elle maquille sous des pétillements futiles ? Ce désespoir qui s'ancre, s'ancre toujours plus chaque jour ? Sûrement. Non, ce n'est pas cette jeune fille qui vous dira que pour elle, le bonheur n'est jamais si loin. Non, pas même la vieille dame, juste devant vous, qui trimballe péniblement son cabas et qui s'arrête chaque minute pour remonter ses bas étriqués sur ses jambes osseuses. Elle se dirige inlassablement vers les mêmes rayons, acheter de la pâtée canard confit pour Berlioz, Mifette et Grisette et une baguette pour midi. Acheter aussi peut-être une boîte de raviolis, au cas où M.Mesrin passe à la maison, qu'on ait quelquechose à lui proposer. Puis la caisse, l'attente, huit euros cinquante madame s'il vous plaît, puis le froid qui tenaille les zygomatiques et pénètre le manteau. Cette dame vous dira que sa vie elle l'aime et que seuls comptent ses trois chats. Ah non, sans eux, je ne suis rien. Mais elle n'est déjà plus rien. Comment l'être, après ces années de solitude, qui vous dévorent et vous ronge l'esprit et le coeur, pour ne laisser qu'un corps vide, sans intentions et sans sentiments, qui fait ce qu'il a l'habitude de faire chaque jour ? Se lever, s'habiller, marcher, acheter de la pâtée, la servir, manger, se laver, regarder la TV, se coucher, et recommencer. Tous les jours. Jusqu'à ce que le corps, rodé, ne supporte plus la vue de cette lettre si bien cachée sous l'oreiller, de ces mots tracés d'une encre fine et maladroite, peut-être un peu émue, de ces phrases ponctuées de belles majuscules qui lui rappellent indéfectiblement qu'il y a cinquante-sept ans, elle a arrêté d'être. Elle n'est plus rien. Oh non, elle ne vous le dire sûrement pas, mais depuis que Maurice est mort, Lucie n'est plus rien. Et elle n'attend plus rien de la vie. Juste que celle-ci la reprenne, comme elle a repris son amant.
Et vous, campés sur vos deux pieds, sentant sous votre main glacée les boum-boum assourdissants de votre coeur qui semble vouloir exploser dans votre poitrine, vous vous posez encore la question. Le bonheur est-il jamais loin ? A quelques mètres de vous, une jeune fille seule assise sur un banc, l'air perdu et profondément anxieuse, pose sa tête sur ses genoux repliés. Un reflet apparaît au coin de ses yeux clairs. Puis un garçon, grand et mince, marchant d'une cadence rapide et le souffle un peu court prend place juste à ses côtés. La jeune fille déplie ses jambes brusquement, regarde le garçon avec un surprise et une joie non-dissimulés. Il ne lui parle pas, la prend juste dans ses bras, et caresse ses cheveux. Vous les voyez. Vous souriez. Et si...

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 11:05

Les vagues et tout ça. *

Les vagues et tout ça. *

Petit Con & Une Biatch échangeaient.

" - Dis ?
- Oui ?
- Tu penses qu'un jour, on pourra...
- Oui.
- Oui quoi ?
- Je le pense.
- Mais...
- Après tout, il n'y a que huit-cent kilomètres, la France presque entière, l'adolescence qui s'émiette et la pluie.
- Tes que me font frémir.
- ...
- ...
- Et puis, desfois que le monsieur du train me fasse un prix pour le billet, comme mon bagage sera restreint au minimum.
- Ah oui, la culotte et la brosse à dents.
- Et les escarpins qui descendent du train.
- Et qui sait, quelquechose de beau au bout du chemin ?
- Oui, qui sait.
- Et après, qui dira que qui se ressemble s'assemble est dépassé ?
- Pas nous, en tout cas.
- ...
- C'est fou.
- Quoi ?
- Comme on s'attache, finalement.
- Ah."

(Tu voulais du personnel ?)
En voilà.

# Posté le mardi 30 octobre 2007 18:26
Modifié le dimanche 04 novembre 2007 12:21